– L’apprentissage des émotions

Le cerveau humain

Le cerveau d’un être humain se construit, se développe et arrive à maturation environ vers l’âge de 25 ans. Chez les mammifères supérieurs et notamment chez les êtres humains, les ressentis vécus dès la toute petite enfance et même avant, sont très importants et prégnants dans l’expression des émotions. Ce constat a émergé du monde scientifique lorsque fin des années 80 et jusqu’en 2001, des chercheurs ont voulu comprendre :

« Les différentes influences qui déterminent nos comportements, sont-elles jouées par le rôle de la nature (les gènes) ou celui de l’éducation (l’environnement) durant notre phase de développement ? ».

Petit décodage :

  • Influence des gènes : nos comportements et caractères seraient liés à un destin biologique, déjà dessinés au moment de la conception, tel un programme d’ordinateur activé par les gènes maternels et paternels.
  • Influence de l’environnement : nos comportements seraient influencés par l’éducation, l’instruction et l’environnement qui gravite autour de nous. Dès lors, les expériences dans et avec l’environnement, influenceraient de manière décisive notre développement et notre façon d’être au monde. C’est l’apparition du lien d’attachement à l’autre puis plus tard à soi.

En 2001 le résultat tombe, « l’homme ne possède que quelques trente mille gènes, pas beaucoup plus qu’un tout petit ver primitif (vingt-quatre mille) !!!

Le monde scientifique a dû reconnaître que c’est la perception de notre entourage et de notre environnement qui influence directement l’apprentissage de nos comportements et notre activité génétique.

Origine & influence des comportements In utero sur les émotions

Nos comportements sont donc appris et cet apprentissage commence In utero, où l’embryon et plus tard le fœtus, partagent au niveau hormonal les ressentis et les émotions de la mère, prémisses des ressentis émotionnels.

Cette découverte incroyable s’explique par le fait que, chaque émotion s’accompagne d’un cocktail d’hormones bien spécifique, véhiculées par le sang dans tout le corps. Lorsqu’une femme est enceinte, les hormones sont libérées dans le sang maternel puis passe à travers le placenta et le cordon ombilical. Les hormones de la mère, naturellement, vont influencer doucement, les mêmes systèmes physiologiques en construction du bébé. La nature étant ainsi faite, les comportements et les réactions de la mère face à des situations joyeuses, agréables et satisfaisantes vont alors laisser une empreinte sur le système physiologique du fœtus qui viendra influencer plus tard, les comportements du bébé, de l’enfant, de l’ado et du futur adulte.

Et dans le cas contraire, si la mère durant la grossesse est amenée à vivre des situations stressantes, des peurs symboliques ou réelles, une profonde tristesse dû à un deuil ou une séparation, etc… ces charges émotionnelles s’accompagnent d’un cocktail d’hormones bien spécifique aussi, véhiculées par le sang dans tout le corps.

C’est là que le décodage émotionnel prend racine et devient intéressant. Pour décoder les comportements et problèmes du bébé, de l’enfant, de l’ado et de l’adulte, on va explorer au travers du vécu de la sphère parentale, ce qui a pu être biologisé par le cerveau de l’enfant afin de comprendre ce qui se joue.

Comment ça fonctionne ?

Le nouveau-né a donc avantage à être très « flexible » afin de s’adapter facilement pour sa survie. Il va ainsi commencer à apprendre de ses parents et de son environnement, comment se comporter. L’imitation ayant toujours été un puissant outil d’apprentissage, le bébé développera en premier, sa capacité de reproduction des expressions et réactions de l’image maternelle.

Pourquoi ? Car le cerveau humain est activé par différents mécanismes, qui nous permettent par exemple, d’imiter des actions comme rire lorsque quelqu’un a un fou rire, pleurer devant un film triste ou ressentir de la peur devant un scène d’horreur. Nous aurions donc la capacité de ressentir quelque chose qui ne nous appartient pas. Tel un système wifi émotionnel, la mère et l’enfant sont donc reliés.

Mais quel mécanisme dans le cerveau permet à ce phénomène de se produire ? La réponse : les neurones miroirs !

Qu’est-ce que les neurones miroirs ?

Cela signifie, qu’observer une action c’est déjà un peu la faire pour notre cerveau, ce sont les mêmes neurones qui s’activent !

Dans ls années 90, le scientifique italien Giacomo Rizzolati, découvre avec son équipe ce phénomène étonnant chez les singes. Les neurones miroirs sont donc essentiels pour l’imitation, clé de notre processus d’apprentissage.

Dès la naissance, ce groupe de neurones est actif et permet d’apprendre à faire (manger, bouger, parler, s’habiller…) et à être car le bébé miroite les émotions et les réactions de sa mère. Il s’oriente à l’expression et la réaction de celle-ci, pour savoir comment réagir. Chez les mammifères supérieurs et notamment chez les êtres humains, ces expériences de la (toute) petite enfance sont très importantes et prégnantes. Les neurosciences démontrent aujourd’hui grâce à l’imagerie cérébrale, comment le cerveau humain fonctionne et comment les émotions influencent nos comportements et notre physiologie dès la conception.

Giacomo Rizzolatti disait :

« Nous sommes des êtres sociaux. Notre survie dépend de notre compréhension des actions, des intentions et des émotions des autres. Les neurones miroirs nous permettent de comprendre l’esprit des autres, non seulement par le raisonnement conceptuel mais aussi par l’imitation« .

Les différents rôles des neurones miroirs

  • L’imitation : chaque personne offre un modèle d’apprentissage. Le cerveau emmagasine les données qu’il perçoit pour ensuite pouvoir les imiter. C’est la base des apprentissages en Montessori. Qui n’a jamais vu un enfant répéter les mots ou gestes qu’il voit réaliser ? D’où l’importance du modèle que l’on donne.
  • L’empathie : se développe avec les interactions, car elle permet d’apprendre à mieux déchiffrer les émotions sur les visages d’autres personnes. Ces neurones activés permettraient de mieux comprendre ce que la personne ressent, en éprouvant les mêmes sensations. On apprend à se mettre à la place de.
  • Compréhension des intentions d’autrui : Comme dit plus haut, les neurones miroirs permettent également de comprendre les intentions d’autrui. Un des rôles de ces neurones serait alors de mieux comprendre les personnes et leurs actions.

Pour conclure, à cause ou grâce aux neurones miroirs, toute personne offre un modèle, bon ou mauvais aux enfants. Les neurones miroirs entraînent des apprentissages implicites. Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’affection et la tendresse se transmettent et s’apprennent, tout comme la violence.

Les émotions des enfants ne sont pas des tempêtes à calmer, mais des messages à écouter. Les enfants nous tendent simplement un miroir pour grandir avec eux

Christine Boury souriante

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